QLog (Quantized Log)

Flash Forward et suicide quantique

Classé dans : Général, quantique — Sebastiao Correia 22 juillet 2010 @ 22:42
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Dès que le mot quantique est prononcé quelque part, je tends l’oreille. Ce soir, c’est dans Flash Forward sur Canal + que je l’ai entendu. Je n’ai pas suivi ce qu’il y était dit dans le détail, mais j’ai entendu parler du suicide quantique. Qu’est-ce que le suicide quantique ? Je ne me souviens pas d’avoir entendu cette expression auparavant. Une consultation de Wikipedia me donne plus d’infos : c’est une variante du chat de Schrödinger dans laquelle le pauvre animal qui risque la mort, c’est nous-même.

Pour résumer, une arme est pointée sur un observateur humain et se déclenche suite à un processus quantique tel qu’une mesure de polarisation d’un photon. L’arme est déclenchée dans la moitié des cas et l’observateur est tué à ce moment. L’expérience est tentée plusieurs fois et plus le nombre de photons mesurés augmente, plus l’observateur a des chances d’être tué. La probabilité que la mesure ne déclenche jamais l’arme tend vers 0 lorsque le nombre de mesures augmente. Donc classiquement, l’observateur finit par mourrir. Et quantiquement aussi d’ailleurs.

Sauf si l’on croit en l’interprétation des mondes multiples. Dans cette interprétation, à chaque mesure du photon, l’observateur est vivant dans un des mondes parallèles et mort dans l’autre. Il existe donc certains univers (au moins un) dans lesquels l’observateur reste vivant. Dans la majorité des univers, l’observateur est mort et cesse d’être conscient.

Cette théorie semble faire le bonheur de ceux qui rêvent à l’immortalité puisqu’on trouve un paragraphe sur l’immortalité quantique sur Wikipedia. Bien sûr, cette immortalité n’est pas celle que l’on espère : l’observateur mourra bien un jour, et ce dans tous les univers des mondes multiples d’Everett. Il faut comprendre immortel dans le sens où il reste toujours un observateur vivant (une copie de l’observateur) à chaque mesure effectuée.

Bref, pour conclure, et malgré cela je ne suis pas trop tenté par l’expérience…

2 commentaires »

  1. En fait n’importe quel suicide est quantique, puisqu’après tout il existe toujours une probabilité que le pistolet s’enraille (par exemple).

    Je trouve toutes ces spéculations sur les multi-monde un peu absurdes et déconnectées de la réalité, avec de gros pré-supposés dualistes derrière tout ça, notamment sur ce qu’est la conscience et le rôle de l’observateur dans la théorie quantique (pourquoi ma conscience devrait « suivre » mes doubles qui survivent ?).

    Tout ça manque un peu de recul philosophique. Après si le but est d’alimenter des bons scénarios de SF, pourquoi pas…

    Commentaire par quentin — 23 juillet 2010 @ 11:14

  2. Je suis aussi assez réticent concernant cette théorie. Elle implique une multiplication exponentielle et infinie de mondes parallèles parce que chaque mesure créé au moins 2 mondes.
    Or en physique, on fuit en général l’infini qui n’est qu’une abstraction mathématique et n’a pas de réalité physique.
    L’apparition d’un infini est souvent une indication que la théorie n’est pas complète et que certains aspects ne sont pas pris en compte.

    Concernant le pistolet qui s’enraye, la probabilité est alors classique. Il n’y a pas dans ce cas de superposition d’états comme cela arrive en physique quantique. Pour « expliquer » cette superposition quantique incompréhensible du point de classique, la théorie des mondes multiples propose que chaque état soit dans un des mondes parallèles. Pour certain, c’est l’hypothèse la plus simple pour expliquer ce phénomène.

    La conscience ne perçoit pas ces mondes multiples, l’observateur (et sa conscience) se comporte de façon classique et donc appartient à un seul monde à la fois.

    Le problème avec cette théorie est, outre l’explosion du nombre d’univers, qu’il semble impossible de démontrer l’existence de ces autres mondes. C’est un peu le problème avec les interprétations de la physique quantique, peu d’entre elles sont réfutables.

    En tout cas, c’est génial pour la SF, oui. Mais tous les auteurs de SF ne s’intéressent pas forcément à l’aspect philosophique sous-jascent. Dommage…

    Commentaire par Sebastiao Correia — 25 juillet 2010 @ 23:34

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